Le Secrétaire d'état italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi, considére avec bienveillance l'idée d'Emmanuel Macron d'implanter des "hot spots" sur le sol libyen. Tl estime que "les initiatives de la France vont sans doute dans la bonne direction". Après l'avoir vertement critiqué, Il juge désormais que "le sommet de Paris" entre les frères ennemis libyens "a été un pas très positif. Nous devons nous associer", explique-t-il au Figaro. "Plus nous travaillons ensemble, mieux c'est. Nous sommes intéressés par tout ce qui peut renforcer l'acdon des autorités lilryennes pour le contrôle du territoire", dit-il, ajoutant: "Il est clair qu'on doit aussi renforcer le travail sur le retour et la reconnaissance du droit d'asile a ceux qui en ont besoin".

Concédant que le défi migratoire "ne peut être résolu avec une seule initiative", le ministre rappelle toutefois que son pays a son "propre agenda" et ses propres priorités. Une armada Italienne est ainsi prête à appareiller pour aider les autorités libyennes à mieux contrôler leurs eaux territoriales. L'accord est intervenu mercredi à Rome au Palais Chigi lors d'entretiens entre le président du Conseil italien, Paolo Gentiloni, et le chef du Gouvernement d'union nationale de Tripoli (GNA), Fayez al-Sarraj. Paolo Gentiloni a annoncé jeudi que le Sénat serait saisi mardi prochain des plans opérationnels de l'opération. "Je suis sur que le vote de notre Parlement pourra être positif", a-t-il ajouté.

Dans une lettre, le chef du GNA de Tripoli a demandé le soutien d'unités navales Italiennes pour assister les gardes-côtes libyens dans leurs eaux territoriales et les aider à lutter contre les trafiquants de migrants. Selon le Corriere della Sera, l'Italie engagerait dans l'opération un important navire de commandement qui pourrait être une unité amphibie multi-rôles comme le San Marco ou le San Giorgio. Ainsi que cinq unités navales plus petites et plus mobiles.

Les patrouilles auraient lieu en complète coordination avec les gardes-côtes libyens, dont la plupart ont été formés par l'Italie. Quelque 500 à 1000 militaires italiens pourraient participer à l'opération. Une partie serait déployée à terre. Des avions, des hélicoptères et des drones seraient mobilisés. Cette intervention reprendrait le modèle de la "mission Alba" qui était parvenue à endiguer en 1997 l'afflux d'Albanais vers les Pouilles. Le recours à la force devrait être exclu, leur rôle étant une mission d'assistance et de signalisation des passages de migrants. Il n'est pas impossible cependant que ces troupes soient appelées à sécuriser les bureaux des organisations internationales - HCR et OIM (Organisation internationale pour les migrations) - appelées à procéder à une première identification des miinternés dans des camps ressemblant à de véritables prisons. Depuis le début de l'année, plus de 90000 ont débarqué en Italie. Leur afflux pose des problèmes de logistique considérables au gouvernement de Rome.

Informé par téléphone de l'opération navale italienne en Libye, Jean-Claude Juncker a déclaré que la Commission européenne était prete à concéder des ressources financières supplémentaires pour faire front au problème de l'afflux des migrants en Italie.

Selon le ministre Sandro Gozi, cet accord représente un saut qualificatif très important pour donner de l'efficacité aux gardes-cotes libyens. Une stabilisation de la Libye est essentielle pour permettre aux autorités de ce pays de contrôler leur territoire. La Commission européenne a débloqué un budget de 90 millions d'euros pour créer des centres de séjour pour migrants en Libye sous l'égide de l'OIM et du HCR. Il s'agit d'identifier ceux qui ont droit a l'asile politique en Europe, de préparer le rapatriement des autres et de veiller au respect des droits de l'homme".

Articolo di Richard Helizè su Le Figaro, pubblicato il 28 luglio 2017